[Afin de contenter et de ravir mon cher ami willy, je me devais de publier un texte sur le « bonheur » avant midi.... Mais à quel prix ? Me voilà à écrire, scrutant les prémices d'un jour nouveau qui s'annonce, émerveillée par la rosée matinale, mais stimulée par la peur de perdre....mon ipod !!! Car, le malin ne sait pas contenter de m'imposer cette contrainte horrifiante.... !!!
Sur ce, cher ami, j'espère t'avoir exaucé au mieux.....]
Vivre ...Ce mot me remplie d'effroi ! Entendez comme il martèle l'espace ce mot ! Embrassez sa fureur, laissez vous transpercer par l'onde funèbre qui s'en exhale.... Car nul doute qu'il n'en jaillit point d'allégresse....
Mais si la vie n'est qu'accumulation de calamités illuminée par quelques instants d'extase, il faut en chercher la cause dans son fondement : le plus grand malheur que l'homme ait à affronter est sa naissance et chaque minute qui s'écoule, le destine à expier son premier souffle.....
Vivre c'est traverser le temps dans un linceul râpé tout en portant son moi douloureux à travers ce monde..... Car le piège qu'il est, n'est pas supportable.....
Néanmoins, pour échapper à cette évidence, les hommes se sont empressés de trouver un subterfuge : ils ont placé tous leurs espoirs en une quête d'un état de plénitude, là ou les maux ne les atteindraient pas....érigeant ainsi en valeur suprême cette fantaisie démente....dont l'appellation me fait frémir.... « Le bonheur » !
Tous le cherchent ou l'ont cherché mais nombreux sont ceux qui se sont attelés à cette tâche sans d'autre récompense que le sentiment d'avoir été abusés et leurrés par ce mirage, par cet éblouissement qui se dit adieu à lui-même.....
Mais combien savent réellement ce qu'ils cherchent ?
Car si il est nécessaire de se demander comment l'atteindre, la vrai question est qu'est –ce que le « bonheur » ?
D'aucuns assimileront « plaisir » à « bonheur »...Or « être heureux » implique une notion de continuité....et le plaisir n'est que cette volupté éphémère au milieu d'un grand fatras, cette splendeur de l'instant où notre rapport avec le monde extérieur nous est mélodieux.....
En faite, par « bonheur », nous entendons un état de plénitude tel que nous en souhaitions la durée sans fluctuation ni altération. Mais pour cela, il faudrait que le monde qui nous entoure se fige que le temps se suspende....C'est ainsi que comblé par cette disposition du cosmos, satisfait par son repos immuable, l'homme n'aurait plus aucune aspiration à le changer, plus de désir en somme, plus d'ardeur en quoi que se soit.... Bref, il ne deviendrait tout simplement qu'un être dépourvu de lui-même, plongé dans un monde inerte, rendu à toutes choses alentour....
Alors le bonheur ne serait-il pas là encore qu'un tour machiavélique que vous joue votre esprit ? Un idéal utopique tout au plus, qui vous fait entrevoir l'impossible, vous faisant espérer que l'on peut fabriquer un repos immuable avec du mouvement, tisser du définitif avec de l'éphémère....car en ce monde tout n'est que provisoire, vous, moi, l'instant même .... jusqu'à notre dernier soupir....
C'est ainsi qu'au lieu de consentir en l'aberration de l'existence, vous contemplez le monde à travers des verres colorés par cette quête illusoire.... Courant après ce spectre sans entrailles que vainement vous prétendez saisir et qui s'évapore dans l'instant même car il n'est que palpitation précaire...Rien de plus.
Tout compte fait, je pourrais dire que le bonheur c'est comme la religion : ni plus ni moins qu'une croyance, faisant office de solution satisfaisante, pour calmer tous nos maux, quand les choses nous échappent et que le caractère absurde de la vie nous accable....Bref, pour donner un sens à une vie qui en est par définition exempte....
Non. Vivre, c'est accepter le mal. Vous imaginez le « bonheur » possible ? C'est le néant que vous désirez.