« Moment douloureux que de se séparer des être que l'on aime et qui éclairent avec tant de vivacité notre chemin....
Forcée d'avancer dans le noir, sans certitude aucune de vous revoir, ensevelie par la tristesse d'un tel déchirement, je ne peux cependant réprimer un sentiment d'euphorie, inéluctable, quand je me prends à rêver de ces instants merveilleux passés a vos cotés....instants garant d'une amitié éternelle.... »
Eternelle ? Quelle supercherie de l'esprit d'avoir pu croire au caractère impérissable de l'alliance entre les êtres. Tromperie du c½ur qu'est l'idée de laisser son empreinte ici-bas, à travers le souvenir de l'attachement...car la vie n'est faite que de silence et d'oubli : c'est un silence déguisé.
Et chaque jour on disparaît un peu plus aux yeux des autres, aux yeux du monde....
Alors à quoi bon être tenter d'exister ?
Aucune volupté ne surpasse celle qu'on ressent à la simple pensée qu'on aurait pu se perpétuer dans un état de pure possibilité...
« S'il est vrai que par la mort on redevienne ce qu'on était avant d'être, n'aurait-il pas mieux valu s'en tenir à la pure possibilité, et n'en point bouger ? A quoi bon ce crochet, quand on pouvait demeurer pour toujours dans une plénitude irréalisée ? »
CIORAN
CIORAN
